Voilà quelques temps que je me questionne sur mon activité DIY, le bienfondé de mes réalisations (achats non raisonnés et créations impulsives) et l'objectif que je poursuis. Le confinement et la crise économico-sanitaire de 2020 n'ont fait qu'amplifier mes interrogations. Et puis, fin novembre, j'ai participé à l'atelier en ligne initié par Solène dans le cadre du lancement de son planner créatif. Ce rendez-vous m'a permis de remettre les choses en perspective et d'envisager autrement mes moments créatifs.

A travers le brainstorm proposé par Solène, j'ai pu réaliser à quel point le fait de réfléchir à la réalisation de petits objets, le choix des matières, puis la mise en oeuvre étaient nécessaires à mon équilibre et s'inscrivaient dans mon mode de vie (faire plutôt qu'acheter, consommer différemment). Ces moments m'apportent aussi une gratification et les échanges humains "nutritifs" que je ne trouve pas forcément dans mon milieu professionnel. C'est aussi cette capacité à imaginer et créer qui m'a fait supporter le confinement et l'incertitude du lendemain car j'avais entre les mains la capacité de m'inscrire dans un autre temps - celui de la création, de l'authenticité et de l'essentiel.
Cette année, j'ai réalisé à quel point je n'avais pas besoin de remplir mes réserves de fournitures (sauf l'aiguille double pointe de ma MAC que j'ai cassée sur une surblouse pour l'hôpital voisin) et combien mon vestiaire était garni. Je me retrouve donc débarassée du besoin de courrir derrières les dernières sorties (modèles, matières) qui me donnent le tourni. S'arrêter de courrir, se retrouver immobile face au vide implique un moment d'inconfort... mais c'est aussi ouvrir la porte à tous les possibles, l'opportunité de retrouver le lien à soi, de repenser la relation aux autres et à la nature.

On réfléchit à ce qui ne nous intéresse plus et à ce que l'on veut laisser de côté pour faire de la place à la nouveauté (c'est ainsi que j'ai réussi à me résoudre à me séparer de mon labo photo argentique pour faire de la place au matériel de tapissier pour ma nouvelle activité de réfection de sièges). On pense aux techniques que l'on souhaite acquérir ou apporfondir (pour moi, le point brioche, inscrit comme intention depuis plusieurs années ; la couture d'un pantalon d'été ou l'envie de tester la broderie). On se demande comment valoriser toutes ces fournitures accumulées au fil des années... Ce bouillonnement introspectif est tout à fait personnel et s'inscrit loin des dictats consumméristes : ca fait du bien!!! J'ai l'impression de partir vers une année 2021 plus sereine, appaisée, grandie et d'avantage en harmonie.

L'atelier "Planning créatif" de Solène m'a aussi offert la possibilité de me sensibiliser aux cycles et à leur énergie. J'avais déjà évoqué dans mon blog ma sensibilité aux changements de saison mais j'ai pu ce soir-là mettre des mots sur ces sensations, et prendre conscience à quel point chaque saison est d'avantage propice que les autres à certaines étapes du processus créatif. Il en va de même pour le cycle de la lune - auquel je suis totalement novice - mais c'est amusant de constater comment un évènement qui s'est produit en fin de premier quartier m'a permis de rassembler mes idées et d'apprendre pour aujourd'hui en phase de pleine lune, me retrouver à écrire et partager mes idées et points de vue.

Retourner à ses racines, rassembler ses idées, se préparer à la période plus froide et immobile où l'esprit vagabondera c'est aussi se donner le temps. Je me suis octroyé un apres-midi dans mon atelier à ne "rien faire" : sortir mes laines, les toucher, les ranger sans intention, sans envie de me lancer dans un projet, ou volonté de les utiliser... sans culpabilité non plus. Juste me ressourcer, laisser le temps au terreau apporté par notre atelier de se poser etr faire son oeuvre.
Voilà, je ne sais pas encore de quoi mon année créative 2021 sera faite - je crois qu'elle se construira au fur et à mesure - mais je souhaite qu'elle soit tournée vers l'écoute et le respect de soi pour développer une harmonie nouvelle. Egoïste? Oui, sûrement, et je le revendique d'autant plus facilement qu'il ne s'agit que de quelques heures par mois. Je voudrais aller vers une année plus slow où je pourrais faire, enfin, l'éloge de la lenteur. Ecouter ses envies et prendre le temps de soigner les détails, redonner vie aux objets que le temps a mis au placard, faire des pauses. Ne plus être dans l'injonction ou la résolution mais dans l'intention et le plaisir.
Nous sommes entrés dans le temps de l'Avent. Noël, que j'aime si peu, approche mais cette année particulière m'offre l'occasion de vivre ce moment différemment et je compte bien en profiter car j'ai au creux de la main une jolie boule dorée et chaude qui me donne l'envie d'entreprendre.